Nous commençons aujourd’hui une série d’articles sur l’Escalade dans les Arbres. Ou comment retrouver ses origines animales, en harmonie avec la nature !
L’escalade a pris de l’ampleur depuis les années 80. Qualifié de danse, de romantisme ou d’art, ce sport est une discipline pour « s’échapper du parc humain » [1]. Les arbres sont partout autour de nous, ils peuplent les parcs des grandes villes, forment les forêts, nous fournissent de l’oxygène. Mais pourquoi sont-ils là ? Pour quelles raisons ont-ils des branches ? Notre corps n’est-il pas fait pour s’y aventurer ? L’esprit sacré des arbres dévoile les richesses du corps humain ; notre anatomie à travers des positions et des mouvements inédits.
Et pourtant il n’est pas commun de grimper aux arbres. Rares sont les fois où on aperçoit un homme suspendu à une branche, les jambes pendues dans le vide. Est-ce toujours le monde des hommes, là haut ? Ces hauteurs sont-elles accessibles ? Si des esprits bornés lanceront des remarques à la vue d’un homme exerçant sa liberté sur le bois naturel, il faudra faire abstraction de ces gens restés au sol. Le monde vertical est prêt à nous accueillir. L’escalade dans les arbres procure une liberté totale, épanouissante, ainsi que de multiples défis.
Science du corps humain
Si les arbres remplis de branches sont accessibles à une grande partie des hommes, d’autres espèces demanderont agilité et souplesse, et même parfois un équipement [2] pour se construire soi-même ses prises. Devant ces possibilités infinies, face au terrain d’aventure, nous accédons à une nouvelle connaissance de notre corps humain. Les arbres sont le moyen le plus simple de pratiquer l’escalade, ils peuvent vous accueillir à chaque déplacement ou visite, puisqu’ils sont partout ! Bien plus agréables que les prises artificielles des salles, les branches laisseront sur vos mains les empreintes de la grande nature, celles d’une terre sans tromperie.
Les parties majeures sollicitées sont les épaules, torse, sangle abdominale, cuisses et pointe des pieds. Si les ascensions d’arbres ne vous permettront pas d’évoluer dans le niveau 7 d’escalade, vous allez acquérir une grande continuité et renforcer vos acquis. Vous devrez lever haut les pieds, chercher les prises en poussant sur les jambes, maintenir votre équilibre, changer de pied… Le répertoire gestuel est sans cesse enrichit.
Nous voilà donc prêts pour aborder l’escalade dans les Arbres. Pour débuter, nous avons dressé une liste de tous les genres d’arbres qui peuvent s’escalader.
Note : dans ces articles, nous allons découvrir les techniques de progression pour une escalade naturelle des arbres, qui n’a rien à voir avec l’escalade d’arbres sous système de corde.
− Première partie : Classification des genres d’arbres
− Deuxième partie : Techniques de Progression (Samedi 13 juin)
− Troisième partie : Démonstrations Vidéos & Philosophie (Samedi 20 juin)
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Première partie : Classification (Où escalader ?)
Espèces d’arbres rencontrées en France
Les couleurs indiquent la difficulté de l’escalade. Du plus facile au plus dur : vert clair – turquoise – bleu – rouge – noir. Ces notes ne font bien sûr pas titre d’universalité.
Noyers

Excellent, mais l’attaque de la première branche est parfois athlétique.
Difficulté :
Gynkgos
Très bon mais arbre souvent court. Idéal pour travailler des mouvement à l’horizontal.
Difficulté :

Charmes

Très grand et ouvert, le sommet demande de l’implication. Conditions des branches souvent excellentes.
Difficuté :
Hêtres
Excellent, mais attention aux premières branches parfois hautes et le bois glissant à cause de la mousse. Rester vigilant.
Difficulté :
Cormiers
Très bon, beaucoup d’ouvertures. Arbres souvent hauts. Forme physique indispensable.
Difficulté :
Marronniers

Très bonnes branches, seul les départs peuvent être compliqués.
Difficulté :
Acajoux
Possible, mais les branches deviennent rapidement petites et rares au cours de la progression. Lever haut les pieds.
Difficulté :

Bouleaux
Branches principales solides mais souvent espacées. Attention aux branches fines et très souples vers le sommet.
Difficulté :
Épicéas
Très bonne qualités des branches proches du tronc, mais torsions du corps souvent nécessaires et progression lente. On rencontre de nombreuses brindilles qui cassent sous nos déplacements. Assez dur psychologiquement.
Difficulté :
Tilleuls

Il est très rare d’en trouver un qui soit suffisamment haut et accessible. Branches fines, progression très compliquée et technique.
Difficulté :
Tulipiers de Virginie
Très bonne structure, mais attention à l’état des branches (la différence entre fragile / solide peut nous échapper à cause des couleurs).
Difficulté :
Séquoias
L’accès aux premières branches varie selon l’arbre. Une fois dedans, les branches sont exigeantes et usent la peau des mains. Athlétique, demande de l’expérience.
Difficulté :

Peupliers
Parmi les plus difficiles. Ils demandent un bagage technique et de nombreuses sangles. Il faut rester le plus longtemps possible proche du tronc principal. Départs durs, progression lente.
Difficulté :
Platanes
Accès souvent impossible, ou nécessitant des sangles très longues. Avec ses branches énormes mais espacées, il est la figure de l’engagement.
Difficulté :

Liste ouverte à des ajouts ! ….
[Preview] Deuxième partie : la Pratique
Liens utiles :
→ Encyclopédie arbres & arbustes de SNV Jusnieu.
[1] : citation extraite du livre S’abandonner à vivre, de Sylvain Tesson.
[2] : voir la seconde partie dédiée aux Techniques.
























Bonjour Cyril,
Très sympa cet article.
Étonnant que tu n’es pas parlé du châtaigner et du chêne, pourtant très présent par chez nous.
Je te signal une petit correction à apporter, la photo du Tilleul correspond à un houx. Ouille ouille ça pique.
Bonjour Larg,
merci pour la correction ! En effet je vais ajouter ces arbres à la liste, ainsi que le Cèdre que j’ai souvent rencontré en France. Content que l’article te plaise.